Pétition : semons la biodiversité !

Publié le

Le réseau Artisans du Monde soutient  le collectif  "Semons la biodiversité", qui mène une action de plaidoyer auprès des sénateurs qui discuteront prochainement de la loi "contrefaçon" (voir plus bas les explications).
En résumé il s'agit de faire porter et voter un amendement à cette loi permettant de reconnaitre que la reproduction de semences paysannes n'est pas une contrefaçon au sens de la nouvelle loi. Globalement, il s'agit de poursuivre notre action de dénonciation de l'appropriation du vivant et des savoirs ancestraux acquis sur les semences paysannes.

Pour agir, n’hésitez pas à envoyer un mail (c'est rapide et simple) et à relayer cette action dans vos réseaux locaux...

Voir page soutien d'Artisans du Monde



- Loi contrefaçon : La lutte contre la contrefaçon va t-elle nier les droits des agriculteurs ? -

Le 20 novembre, les sénateurs devaient discuter et voter en séance publique une proposition de loi « tendant à renforcer la lutte contre la contrefaçon », un sommet dans la recherche de profit absolu. Il n’est plus ici question de vendre et d’acheter. Il s’agit, pour les firmes, de s’approprier le savoir acquis au quotidien par les paysans d’aujourd’hui et d’hier. Ce débat a été reporté.


En 10 000 ans d’agriculture, on ne s’était jamais posé la question. Les paysans ont semé et choisit, saison après saison, les graines qu’ils allaient replanter. De la même manière, les éleveurs ont sélectionné leurs reproducteurs. C’est leur métier. C’est ce qui fait aujourd’hui de l’agriculture un domaine riche de savoirs, ce qui nous a permis de conserver la diversité du vivant. C’est un patrimoine universel qui n’a pas de prix.

On le croyait en tout cas, jusqu’à ce que certains décident de se désigner comme propriétaires de ce patrimoine. C’est donc au nom de la « propriété intellectuelle » que quelques industriels feront payer, de façon systématique, les paysans qui ne faisaient alors que leur métier.


Cette proposition de loi, et l’arsenal juridique déjà existant, piègent de fait les paysans. Ressemer des semences, donc les reproduire, sera une contrefaçon. Le paysan pourra alors voir sa récolte simplement saisie par les services de l’État. Pour éviter tout problème, il devrait donc, chaque année racheter ses semences ou payer des royalties. Le fonctionnement sera le même en élevage pour les mâles reproducteurs. Et il n’y a pas d’échappatoire ! Tout paysan qui ne pourra présenter les factures de ses semences, de ses animaux ou de ses préparations naturelles sera considéré, a priori, comme étant dans l’illégalité. L’industrie se retrouve donc seule à avoir le droit de poursuivre le travail engagé par les paysans depuis des millénaires !

Cette loi, en criminalisant le métier même de paysan, nie leur savoir, et bafoue leur liberté. Elle porte aussi l’appauvrissement irrémédiable de la biodiversité. C’est cette responsabilité que nos élus portent en ce moment. Et il est de notre devoir de le leur rappeler.

Le collectif "Semons la biodiversité", Terre et Humanisme




Notre Site Web: http://semonslabiodiversite.com

Commenter cet article