
La Com Com (commission communication) se réunira le lundi 09 novembre
à partir de 18 h 30. C'est la dernière ligne droite pour la Semaine de la Solidarité Internationale, les 35 ans d'AdM et N^¨el se profile à l'horizon : toutes les
personnes intéressées sont donc bienvenues !
Prochaine réunion mensuelle des bénévoles : mercredi 02 décembre à 19 h
30
Et bien sûr, tous les mardi matins, on peut
trouver les membres des commissions "Achats", "Coopératives directes" et
"Ventes extérieures" (la semaine précédent la-dite vente) au Seize en train de travailler d'arrache-pied... et leur apporter un peu ou
beaucoup d'aide...
Par Stéphane Le Borgne, Président de la fédération Artisans du Monde (1)
La préservation de l’environnement est une lame de fond qui balaye le monde de la consommation. Même si le grand chambardement attendu par le Grenelle semble tarder à se mettre réellement en place, la thématique environnementale prend de plus en plus d’importance. A juste titre et bien heureusement.
Depuis plus de 35 ans, le commerce équitable a déjà pris en compte cette dimension du développement durable : 50% des produits alimentaires sont issus de l’agriculture biologique (certifiée ou non), les OGM sont bannis, l’agroforesterie est souvent pratiquée, l’artisanat est réalisé à partir de produits recyclés, les teintures sont à l’eau… 35 ans de succès et de respect de l’environnement atteints, notamment, grâce aux efforts des organisations de producteurs au Sud, maillon décisif du commerce équitable.
Mais cette dimension du commerce équitable demeure peu connue. Les produits importés de pays lointains – ce qui est fréquent dans cas du commerce équitable – sont aujourd’hui stigmatisés. Le consommateur, déjà culpabilisé par le bilan carbone de ses actes quotidiens (notamment ses déplacements), pense, de bonne foi, qu’acheter ces produits venus d’Amérique Latine, d’Asie… ne constitue pas un acte « éco citoyen ». Or, il n’en est rien.
Certes, importer du riz, des jus de fruits du Laos (2), par exemple, génère des gaz à effet de serre. En revanche, la relation proposée par le commerce équitable a permis la construction de barrages pour l’irrigation des rizières, la fabrication de compost comme engrais organique, la plantation de légumineuses en alternance avec le riz (apport d’azote et d’humus), la lutte biologique contre les insectes, etc. Ces impacts sont largement positifs et évitent l’émission de gaz à effet de serre liée à la fabrication d’engrais chimiques, par ailleurs extrêmement polluants et utilisés massivement dans l’agriculture productiviste. Sans le commerce équitable, cette organisation, n’aurait pas développé de tels projets.
De même, les produits artisanaux (décoration, bijoux, etc.) sont critiqués car jugés superflus. L'impact positif sur l’environnement est dans ce cas moins évident, mais pourtant bien réel. En effet, la fabrication d’artisanat constitue un complément de revenu permettant le maintien de l’agriculture vivrière. Il réduit ainsi l'exode rural. Ce type d’économie évite à la famille d’aller vivre en bidonville où, ne pouvant plus subvenir elle-même à ses besoins, elle consommera des produits issus de l’agriculture productiviste et venant de l’autre bout de la planète...
Le commerce équitable favorise donc des modes de production respectueux de l’environnement (l’agriculture paysanne notamment) et apporte de réels bénéfices sociaux économiques et culturels. Il est par conséquent trop réducteur de ne considérer que les impacts liés aux transports des produits. D’autant plus que leur acheminement par voie maritime produit très peu de gaz à effet de serre (3).
Cependant, il est indispensable de privilégier les produits issus de circuits courts provenant de nos propres régions et d’ignorer les productions agro-industrielles de basse qualité. Et la solution ultime, défendue par Artisans du Monde, sera de développer un commerce équitable relocalisé au plus près des zones de production afin d’éviter au maximum les exportations. Le Brésil, le Pérou, la Bolivie, l’Inde… développent des réseaux de commerce équitable dans leur propre pays tout comme, en France, le réseau des AMAP (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne) propose de recréer du lien, de l'équité et de la solidarité entre producteurs et consommateurs à une échelle locale.
La solution réside bien dans cette relocalisation de l’économie. Mais en attendant que celle-ci ne soit complète, les produits du commerce équitable n’ont pas à rougir devant la menace carbone. Ils relèvent déjà le défi.
1) Artisans du Monde (AdM) est un réseau de distribution composé de 170 points de vente de proximité, citoyen et militant. Il défend l'idée d'un commerce équitable à trois dimensions : économique, éducative et politique. Depuis 35 ans, Artisans du Monde construit avec ses partenaires du Sud une économie solidaire au service du développement durable.
2) Artisans du Monde travaille avec Lao Farmer Products, au Laos depuis plus de 19 ans avec les populations paysannes de la région de Kasi, région du nord du Laos, à mi-chemin entre la capitale, Vientiane, et Luang Prabang.
3) Selon le bilan carbone dressé par la marque du commerce équitable Alter Eco, le transport maritime ne représente que 3% des émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie de ses produits (2006).